Office (2015- Johnnie To)
Synopsis : "Hong-Kong, 2008. Le jeune idéaliste Lee Xiang et la surdouée Kat Ho font leurs débuts chez Jones & Sunn, une multinationale sur le point d’entrer en bourse. Alors que la banque Lehman Brothers fait faillite aux États-Unis, la tension commence à se faire sentir au sein de l’entreprise. Ces deux jeunes recrues vont petit à petit découvrir le monde extravagant et outrancier de la finance."
Un nom: Johnnie To. Un de mes cinéastes préférés des vingt dernières années, il a tenu à bout de bras (ou presque) le cinéma hongkongais depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine de 1997. Très prolifique (plus d’une cinquantaine de films comme réalisateur en moins de quarante ans de carrière), parfois inégal (il doit faire des concessions et réaliser des films plus commerciaux pour attirer un plus large public), Johnnie To demeure une valeur sûre dans le paysage asiatique autant comme réalisateur que producteur avec sa compagnie de production cinématographique Milkyway Image qu’il a cofondée avec son comparse Wai Ka-Fai en 1996. Il a pratiquement (ré)inventé un genre à lui seul (le polar d'action noir( avec des classiques modernes comme The Mission, Exiled ou encore le diptyque Election.
Avec Office (son avant-dernier film à ce jour), To a voulu faire plaisir à Sylvia Chang avec cette comédie dramatique musicale écrite (elle a adapté sa propre pièce) et jouée par cette dernière. C’est toujours réjouissant de retrouver la plus grande actrice taïwanaise devant l’écran (elle compte aussi une dizaine de réalisations à son actif) et dans Office non seulement elle renoue avec le réalisateur hongkongais mais ce film marque aussi des retrouvailles avec le grand Chow Yun-Fat vingt-sept ans après le superbe mélodrame All About Ah-Long sorti en 1988. Mais cette fois-ci, CYF joue un rôle effacé (celui du Président de la multinationale) et demeure en arrière-plan au lieu de tenir la vedette du film. Ce qui est bien dommage… car on attendait beaucoup de cette collaboration/réunion au départ.
La principale faiblesse du film réside dans un scénario artificiel et des personnages qui manquent de tonus. Tout en proposant un retour sur la crise financière de 2008 et son impact sur une multinationale chinoise, le regard proposé demeure assez superficiel et l’on opte pour une légèreté qui peine à conjuguer avec des éléments romantico-mélodramatiques.
Malgré les faiblesses d'écriture, cette nouvelle oeuvre regorge de qualités formelles et est un régal pour l’oeil. De la mise en scène élégante aux cadrages d’une précision mécanique ( les nombreux plans sur des horloges qui jonchent le film du début à la fin), des mouvements de caméra fluides à une direction artistique somptueuse, le film est visuellement splendide par moment. Toutefois, je rajoute un petit bémol pour les numéros musicaux qui surgissent de temps à autre. Il sont amusants, mais sans plus. On est loin des fresques bollywoodiennes pleines de couleurs et de mouvements ou encore de l’exécution éblouissante d’un La La Land par exemple! En somme, Office se laisse regarder sans déplaisir même s’il laisse un léger arrière-goût d’inabouti... comme si sur papier le projet était beaucoup plus alléchant que le résultat final.
Note : ***
Divertissement : **1/2












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